Une scène. 2 hommes encore jeune, en chemise à courtes manches se trouvent debout devant un fon noir et sur lequel sont projetées des lettres bleues, des lettres d'alphabat, des assemblages de mots

La convivialité - Théâtre à Soignies

  • 13 Mars 2018 20:00

Soignies

Dans le cadre de la Langue française en Fête

L’orthographe est un sujet qui déchaîne les passions. Les journaux sont envahis de lettres de lecteurs qui se plaignent d’une faute découverte dans un ensemble de textes équivalent à un roman !

Chaque tentative de simplification de l’orthographe suscite des torrents d’opposition. Cela doit rester un effort et « se mériter ».

La « Convivialité » se présente comme une conférence ludique, instructive, interactive menée par deux professeurs reconvertis en acteurs : Arnaud Hoedt et Jérôme Piron. Les compères nous expliquent d’abord les bizarreries de l’orthographe. Curieusement, on ne nous a jamais expliqué les raisons de tant de règles et d’exceptions. La langue française est unique à cet égard. Le seul son « s » peut s’écrire de 12 manières alors qu’en turc par exemple, à chaque son correspond une seule orthographe. Ils égrènent les subtilités absconses comme les doubles consonnes… « Alléger » prend deux « l » mais pas « alourdir », « persifler » ne s’écrit pas comme « siffler ». Pourquoi « confiture de groseilles » prend « s » mais pas « gelée de groseille » ?

Les orthographes des autres langues sont régulièrement revues. Pas la langue française où tout est figé depuis 150 ans. Même la tentative de supprimer les « chou, caillou, genou… » fut tuée dans l’œuf. En fait, explique le duo, l’orthographe n’est pas au service de la langue mais c’est le contraire et elle devient un marqueur social, un signe discriminant. Pourtant Rabelais, Montaigne, Molière, écrivaient avec des fautes. L’orthographe était alors flexible. Longtemps, il y eut entre les deux grands dictionnaires encore 4000 mots avec des orthographes différentes !

Pas de « réelle » mise en scène mais une très efficace mise en tonalité, supervisée par Arnaud Pirault. Les orateurs-comédiens ont le ton juste, celui d’une pertinence évidente mais pas toisante ; ils sont sûrs de l’effet que leur texte va produire mais n’en tirent aucune vanité, tout au bonheur qu’ils sont (un bon enseignant le reste où qu’il soit….) d’allumer une petite réflexion dans nos esprits injustement (ici) conformistes.

Cette « croisade » pour une orthographe moderne et conviviale (l’orthographe pour tous !) mérite qu’on s’y attarde pendant une soirée au moins, voire plus. C’est ce qu’Arnaud Hoedt et Jérome Piron proposent.  

On rit, on est étonné, on rit encore. On réfléchit, on tente de s’insurger, mais on rit. On admire, puis on applaudit

067/347.426