La mer sous un ciel bleu et un homme mature aux cheveux bruns, grosse barbe. Il est dans l'eau jusqu'au nombril en chemise et les bras levés

François Curlet à Hornu

  • 11 Janvier 2019 > 10 Mars 2019

Hornu

Où: Mac's - rue Sainte Louise, 82

"À l’image de Clockwork (1998)qui utilise la toile imperméable d’un parapluie pour y sérigraphier des reproductions d’engrenages extraites de l’encyclopédie de Diderot et D’Alembert, les objets-signes que produit François Curlet, depuis une trentaine d’années, sont une réponse poétique à la « pluie sémantique » qui se déverse sur nous quotidiennement à travers une dialectique économique où s’articulent effectivement savoir faire et faire savoir, valeur d’usage et valeur d’échange, bien de consommation et objet publicitaire. Parfois proche des vanités, cet art de la répartie qui joue habilement avec les objets comme avec les mots, en y révélant des sens cachés ou tabous, pousse le visiteur de ses expositions à revoir de façon critique sa dépendance aux choses matérielles et aux conditions de la vie moderne, suivant la voie tracée avant lui par Robert Filliou. « Les objets durent plus longtemps que les hommes. On les manipule, mais au final ce sont eux qui l’emportent », explique en ce sens François Curlet.


À ce premier corpus composé d’objets-signes, succèdent les importantes séries de peintures à la bombe sur plaques de cuivre, Spéculoos (2013), Wafle (2013) ouPepito (2013), que François Curlet a réalisées récemment, comme pour brouiller définitivement les frontières entre l’urbain et le domestique, l’art et l’industrie, le précieux et le rebut, le rationnel et l’informe tel que l’a défini Georges Bataille dans La Part Maudite. Articulant habilement la transition vers le moment cinématographique de l’exposition, la série Lens Flair (2004) participe également de ce même télescopage conceptuel, en matérialisant un effet optique indésirable (la diffusion parasite de la lumière à l'intérieur d'une lentille) par des disques de plexiglas peints par aérosol et suspendus dans l’espace. Enfin, François Curlet investit la grande salle carrée du MAC’s en y projetant quatre de ses films, courts et énigmatiques : Jonathan Livingstone (2013) ainsi que Air Graham (2015-2018) et The Hustle (2018) et The Yummy Patriot (2018), spécialement réalisés pour cette exposition"