Une peinture en hauteur avec 4 couleurs - blanc, gris, lilas et pourpre.  Couleurs qui ont des formes géométriques.

Expo "Joseph Chatelain "Peinture" à Thuin

  • 12 Janvier 2019 > 01 Février 2019

Thuin

Où: CC Haute Sambre - rue des Nobles, 2

Bouleversé par la profondeur de la nuit, la fraîcheur d’un matin pluvieux ou la torpeur d’un après-midi caniculaire,
le peintre s’emploie à oublier toute sensation et s’interroge sur la nature de son medium.
Comment? En peignant, « To paint the paint! ». Naomi Spector (Macula 3-4)
use de cette expression à propos de l’oeuvre de Robert Ryman.

Une musique méditative, obsessionnelle, même emplit l’atelier, Rothko Chapel une composition
pour soprano, voix d’alto, chœur et 3 instruments, de Morton Feldman accompagne le geste opiniâtre du peintre.
Dans cette ambiance comme suspendue, insaisissable, difffuse, la brosse strie l’épaisseur de l’acrylique au point de ne laisser que de vastes plages ombreuses :
terre d’ombre, ombre violette, vert de cobalt sombre, indigo, terres calcinées surgissent qui s’évanouissent de manière inattendue.

Rien ne se passe, toute référence empirique (a posteriori) à la sensibilité, paysage, portait, nature morte…
s’éteint. Même pas une lueur oubliée aux confins d’un ciel sans lune.

La peinture est émancipée de toute idée de représentation. Les pigments étendus à la surface de la toile ne sont que l’empreinte tautologique ou la trace du geste pictural.
L’acrylique couché sur la toile oublieux du geste effréné est aussi silencieux que lorsqu’il était emprisonné dans son tube.

Cette toile où rien ne se passe, tendue entre ses quatre coins est sourde. L’oeuvre se retrouve orpheline de signification.
Elle se contente d’être, en disant : « Je suis », « je suis indifférente à tout, j’ai tout détruit, j’ai tout oublié », véritable prodige de l’amnésie.

Marc Pierret

- en semaine de 10h à 16h
- les samedis de 14 à 18h.

Entrée libre

071/59.71.00